



Alternance et Stage 2026 : La fin du « Quoi qu'il en coûte » ? Voici ce qui change

L'année 2026 marque un tournant décisif pour le marché de l'emploi des jeunes en France. Après des années d'euphorie portées par des aides exceptionnelles massives, le contexte budgétaire tendu et l'absence d'adoption de la loi de finances initiale ont forcé un retour au cadre légal strict du Code du travail dès le 1er janvier. Pour les entreprises comme pour les candidats, la donne a changé : baisse des primes, retour de certaines charges sociales et revalorisation des stages. Décryptage des nouvelles règles du jeu pour sécuriser vos recrutements cette année.
Alternance, la douche froide sur les aides à l’embauche
C’est le changement le plus impactant pour les employeurs. Jusqu'en 2025, l'aide unique était fixée à 6 000 €, qu'il s'agisse d'un mineur ou d'un majeur, et ce pour une large gamme d'entreprises. En 2026, faute de budget validé prolongeant le dispositif "exceptionnel", les montants sont revus à la baisse et les critères se durcissent.
Désormais, pour les contrats signés à partir du 1er janvier 2026, le montant de l'aide à l'embauche pour la première année de contrat s'établit à 5 000 € (au lieu de 6 000 €) pour les entreprises de moins de 250 salariés. Pour les entreprises de plus de 250 salariés, l'aide tombe à 2 000 €, et elle est surtout conditionnée à un seuil d'alternants (généralement 5 % de l'effectif ou une progression significative).
Seule exception notable : le recrutement d'un apprenti en situation de handicap permet de conserver une aide maximale de 6 000 €, cumulable avec les aides de l'AGEFIPH. De plus, notez que le versement de l'aide est désormais strictement proratisé. Si un contrat est rompu en cours de mois, l'aide s'arrête au jour près, contrairement aux versements mensuels forfaitaires des années précédentes.
Rémunération et Charges, le retour de la réalité économique
Si l'aide à l'embauche baisse, le coût du travail, lui, évolue mécaniquement. Le changement majeur de 2026 concerne la fin des exonérations quasi-totales de cotisations sociales pour les contrats d'apprentissage.
Pour tenter de combler le déficit de France Compétences, les contrats signés en 2026 ne bénéficient plus de l'exonération complète des charges salariales. Concrètement, cela signifie une baisse du salaire net pour l'apprenti. Pour un salaire brut identique à 2025, un alternant pourrait perdre entre 80 € et 100 € de net mensuel (la part salariale des cotisations retraite et chômage étant réintroduite).
Côté employeur, le coût global augmente également légèrement, car les allègements généraux (ex-réduction Fillon) sont moins avantageux sur ces profils qu'auparavant. Il est donc crucial de refaire vos simulations de coût "super-brut" avant de proposer une offre, pour éviter les mauvaises surprises budgétaires en cours d'année.
Stages, une gratification en hausse mécanique
Du côté des stagiaires (hors alternance), la nouvelle est plutôt bonne, mais elle impacte la trésorerie des entreprises. La gratification minimale de stage est indexée sur le Plafond Horaire de la Sécurité Sociale (PHSS). Pour 2026, ce plafond a été relevé à 30 € (contre 29 € en 2025). La gratification minimale, fixée à 15 % de ce plafond, passe donc automatiquement de 4,35 € à 4,50 € par heure de présence effective.
Pour un stage à temps plein (35h), cela représente désormais une gratification mensuelle d'environ 693 € (pour un mois standard de 22 jours ouvrés), contre environ 670 € l'an passé. Rappelons que cette somme reste exonérée de charges sociales tant qu'elle ne dépasse pas ce seuil. Au-delà, la différence est soumise à cotisations. N'oubliez pas non plus que les avantages en nature (tickets restaurant, prise en charge transport) restent obligatoires et s'ajoutent à ce montant.
L'année 2026 signe la fin de l'ère de l'alternance "gratuite" ou presque. Entre la baisse de l'aide à l'embauche (5 000 €), la réintroduction de certaines charges pesant sur le net des apprentis et la hausse du coût horaire des stagiaires (4,50 €), les entreprises doivent piloter leur budget RH avec beaucoup plus de finesse. L'alternance reste un levier de pré-recrutement excellent, mais elle ne doit plus être vue comme un effet d'aubaine fiscale. Pour Bizzeo.co, le conseil est clair : privilégiez la qualité du tutorat et l'adéquation au poste pour rentabiliser cet investissement qui, bien que plus coûteux qu'en 2025, reste moins onéreux qu'un recrutement classique.
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