



Ne subissez plus votre hiérarchie : L’art du « Managing Up » pour booster votre carrière

On dit souvent que l'on rejoint une entreprise pour ses missions, mais qu'on la quitte à cause de son manager. Selon une étude massive de l'institut Gallup, le manager direct explique à lui seul 70 % de l'écart d'engagement des employés.
Face à un chef difficile, désorganisé ou trop exigeant, deux options s'offrent habituellement à vous : subir en silence ou démissionner. Il existe pourtant une troisième voie, utilisée par les profils les plus performants : le "Managing Up" (ou management vers le haut). Il ne s'agit pas de manipuler votre boss ou de faire de la lèche, mais d'apprendre à le piloter pour faciliter votre propre travail.
Hacker le « Mode d’Emploi » de votre manager
La première erreur est de penser que votre manager est infaillible ou qu'il doit s'adapter à vous. En réalité, votre N+1 est un humain avec ses propres insécurités, ses pressions (venant du N+2) et ses angles morts. Pour pratiquer le Managing Up, vous devez d'abord dresser son profil psychologique, non pas pour le juger, mais pour communiquer sur sa fréquence :
Est-il "Auditeur" ou "Lecteur" ? (Concept théorisé par Peter Drucker). Certains chefs ont besoin de lire une note de synthèse avant de décider. D'autres ont besoin qu'on leur explique à l'oral. Si vous envoyez des emails longs à un auditif, vous perdez votre temps (et le sien).
Micro-manager ou Délégataire ? Le premier a besoin de détails pour être rassuré (inondez-le d'infos avant qu'il ne demande). Le second ne veut voir que le résultat final (épargnez-lui les détails techniques).
S'adapter à son style de communication n'est pas de la soumission, c'est de l'intelligence situationnelle.
Devenir la solution, pas le problème
Le cauchemar de tout manager ? L'employé "facteur". Celui qui dépose les problèmes sur son bureau et attend une réponse. "Chef, le client X n'est pas content, on fait quoi ?" Le praticien du Managing Up ne vient jamais avec un problème nu. Il utilise la règle du "1 Problème = 3 Solutions". Au lieu de poser la question ouverte, il dit : "Le client X n'est pas content. Pour régler ça, je propose soit l'option A (remboursement), soit l'option B (avoir). Je recommande la B pour préserver la marge. Tu valides ?"
En faisant cela, vous transformez le travail de votre manager : il ne doit plus réfléchir à votre place, mais simplement valider votre réflexion. Vous réduisez sa charge mentale, et en échange, vous gagnez une autonomie précieuse.
Savoir dire « Non » pour gagner le respect
C'est le paradoxe du Managing Up : pour bien gérer son chef, il faut parfois savoir lui refuser des choses. Un manager a souvent une vision déformée de votre charge de travail réelle. Si vous dites "oui" à tout, vous finirez par livrer un travail médiocre, ce qui nuira à votre réputation.
L'astuce est de ne jamais utiliser le "Non" sec, mais le "Non priorisé". Si votre manager vous confie une tâche urgente alors que vous êtes sous l'eau, ne refusez pas. Dites : "Je peux prendre ce dossier. Par contre, cela va décaler le rendu du projet Y à mardi prochain. Est-ce que tu préfères que je priorise le nouveau dossier ou le projet Y ?" Vous le forcez à prendre ses responsabilités d'arbitrage. Vous n'êtes plus celui qui refuse le travail, vous êtes celui qui gère les ressources de l'entreprise de manière responsable.
Le "Managing Up" change la dynamique de pouvoir. Vous passez du statut de subordonné passif à celui de partenaire stratégique.
Votre manager n'est pas un obstacle à votre carrière, c'est votre premier levier. Si vous parvenez à le faire briller, à sécuriser ses objectifs et à alléger son stress, il deviendra naturellement votre meilleur avocat lors des comités de promotion. N'attendez pas d'avoir le manager parfait : fabriquez la relation parfaite avec celui que vous avez.
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